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Le rêve Balkan avec Seb Bouin

Friday, Juillet 31, 2020
Seb était à la recherche d’une nouvelle expérience. Il explique : « On va généralement dans les spots ou l’escalade est déjà bien développé ». Alors Seb, avec sa mère et deux chiens, saute dans son Van et longe les côtes françaises direction l’Albanie. Là-bas, ils trouvèrent un nombre impressionnant de voies calcaires à équiper ainsi qu’un projet coté 9b d’un autre athlète BD, Adam Ondra. Voici la vidéo de Seb Bouin vivant le rêve Balkan.
Vidéo et Photos: Etienne Tafary

L'Albanie, pourquoi cette destination?

J'avais envie de découvrir de nouveaux coins où l'escalade n'était pas encore trop développée. Je voulais me retrouver dans des endroits où l'escalade est encore inconnue aux yeux de la majorité. Des destinations "vierges" où le tourisme lié à l'escalade n'existe pas (encore). C'est une des motivations premières qui m'a fait choisir ce lieu comme destination de grimpe et de voyage. Habituellement je vais toujours dans des pays, des lieux, où l'escalade est déjà existante. Cette fois ci je voulais créer quelque chose de nouveau, ou presque. Avant nous, cet endroit a déjà été développé par quelques grimpeurs renommés et quelques locaux. Il y avait donc déjà quelques voies équipées lorsque nous sommes arrivés. Cela nous a permis de grimper dès le premier jour. Nous avons ensuite alterné entre équipement et grimpe. L'autre raison pour laquelle j'ai choisi cette destination est liée à la voie "The Dream" équipée par Adam Ondra à l'automne 2018. Lorsque j'ai vu des images de cette ligne et de ce mur, cela m'a semblé incroyable. J'avais envie d'essayer cette voie qui n'était alors qu'un projet en 9b.

looking at pauls cams
 

Le voyage : 

Nous sommes allés en Albanie par la route, avec un Van, dans le but de prendre notre temps. Il était important d'être flexible sur les dates car nous ne connaissions pas le potentiel que nous allions trouver. Comme nos objectifs étaient de développer, d'équiper, et de grimper les voies les plus dures possible, il était important d'être adaptable. On a commencé ce voyage en France, et nous avons traversé l'Italie, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie Herzégovine, et le Monténégro pour rejoindre l'Albanie. Nous avons fait des pauses grimpe sur la route afin d'alléger le voyage et découvrir les pays.

looking at pauls cams
 

L'équipe :

L'équipe était constituée de ma mère (Claire), des deux fidèles compagnons Spit et Djungo (les chiens), de Lowie (le géant), et Francky.
J'ai fait la route avec ma mère et les chiens. Certains passages de frontières ont été assez folkloriques... Mais c'était marrant de partir avec toutes la famille en Albanie.
Lowie et Franck nous ont rejoints par avion.

Le pays : L'Albanie

Ce pays n'est pas tant éloigné géographiquement, mais en même temps beaucoup de choses sont différentes là-bas. La plupart des routes ne sont pas goudronnées, il y a des animaux en pleine ville sur les ronds-points, il y a encore des villages sans accès voiture, des gens se déplacent avec des chevaux où des ânes, les berger sont aux portes de la capitale avec les troupeaux, les gens sont tous amicaux et accueillants,.. C'est comme si c'était une époque différente que je n'avais jamais connue. Les contrastes entre la ville et la campagne que l'on peut retrouver dans ce pays sont vraiment étonnants.

On a eu la mauvaise expérience de vivre un tremblement de terre en pleine nuit alors que nous étions sous une falaise. Ce fût assez terrible, un effondrement de rochers est tombé à côté du Van, c'était assez limite. Le cœur du tremblement de terre était proche de la capitale du pays. Il y a eu pas mal de casse, mais tous les Albanais restaient souriant et amicaux. Nous n'avons fait que des bonnes rencontres.

 

climbing el cap

La destination finale : Tirana

Notre destination finale était Tirana, la capitale de l'Albanie.
Cet endroit est assez exceptionnel. La ville est entourée par des montagnes et des vallées. La proximité entre la ville et les falaises est unique. C'est vraiment à côté de la capitale (moins de 10km). Mais en même temps, on n’a pas l'impression d'être si proche d'une grande ville lorsque l'on s'éloigne un peu. Comme l'Albanie n'a pas beaucoup de routes goudronnées, on peut mettre un certain temps pour parcourir 8 km... Une fois les portes de la capitale franchies, on a l'impression d'être en pleine campagne. Le contraste entre le centre-ville et les alentours de la ville est fou. Il n'y a rien d'aménagé pour le tourisme dans les vallées et montagnes. C'est un contraste assez marrant si l'on compare à chez nous où il y a toujours de l'aménagement pour l'humain.
Cet endroit est propice à un développement du tourisme lié à l'escalade. Il y a un aéroport à 40 minutes des falaises, la ville est à 10 km des secteurs, et c'est assez facile de se loger. Il manque juste le développement du support : les voies et les secteurs d'escalade.

Les falaises autour de la capitale :

Comme Tirana est entourée par des vallées et des montagnes, il y a beaucoup de potentiel pour l'escalade, et il y a beaucoup de falaises proches de la ville. La plupart ne sont pas équipées. Deux secteurs ont commencé à être développés : Bovilla et Brar.
La qualité du rocher est exceptionnelle. Il y a plein de devers avec des magnifiques colonnettes. Les voies de rêves occupent tout l'espace. La première fois que nous avons vu ces murs, nous étions comme des gamins découvrant un nouveau monde. On voulait équiper et grimper toutes les lignes en même temps !

Le secteur principal : Brar

Ce mur était parfait pour nous et pour ce trip. Il se situe dans la vallée principale au-dessus de Tirana. Il n'y a pas beaucoup de marche d'approche, et c'était plutôt pas mal car la nuit arrivait assez tôt en Décembre (16h). Il a cependant été assez compliqué d'installer les cordes statiques en haut de la falaise pour équiper de nouvelles voies. La barre rocheuse est très longue (plus de 1km) et remonte jusqu'au sommet de la montagne. Il a fallu trouver un chemin de berger qui la traverse pour accéder au sommet. Ensuite il a été assez compliqué de sécuriser l'accès au sommet des voies. En effet, après le tremblement de terre tout était branlant sur la crête. Tous les blocs tombaient, et parfois des blocs de la taille d'un camion... Lorsque nous avons, au final, réussi à mettre la première corde en place, nous avons pu commencer à équiper des voies sensationnelles.
Mon plan de base était d'équiper et de grimper durant tout le voyage, mais une distraction se nommant "The Dream" est venue m'éloigner de celui-ci...

The Dream : Le premier 9b Albanais

Cette ligne majestueuse équipée par Adam ONDRA en Octobre 2018 (mais pas libérée) remonte le mur central de Brar durant 55m. Le premier tiers se grimpe sur une colo unique, et ensuite il y a des colos plus plates qui font monter la difficulté.
La première fois que j'ai vu cette ligne, c'était mouillé et j'étais crevé du voyage, mais j'étais tellement inspiré que j'ai sauté dedans.
Il a été compliqué d'atteindre le sommet car pas mal de colos étaient mouillées. Cependant, j'ai vu qu'il était possible de les sécher avec une technique qui consiste à dévier l'écoulement de l'eau. Avec du papier toilette, il est possible de faire gouter l'eau avant qu'elle n'atteigne la colo. Cela permet de la garder sèche. Le problème étant le vent pouvant faire tomber le papier toilette... Donc certains jours les colos étaient sèches, et certains jours les colos étaient mouillées. Ce fût une belle bataille contre la pluie et les conditions. La voie était tellement bien que j'ai passé quasiment tout mon voyage à l'essayer... J'ai été assez chanceux pour réaliser The Dream avant de rentrer à la maison. Une fin parfaite pour une voie parfaite!

climbing el cap
climbing el cap
 

L'équipement et le développement :

Avec la bande, nous avons équipés 10 voies allant de 7c jusqu'à 9b+ (projet) dans le mur central de Brar. Toutes ces voies sont d'une qualité 5 étoiles. Il nous a manqué du temps pour pouvoir toutes les essayer.
Mais on reviendra, c'est sûr!

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La fin du voyage :  

Nous avons rencontré une organisation allemande (GIZ) qui œuvre pour la promotion des activités de pleine nature afin de développer le tourisme. Les propriétaires de la (seule) salle d'escalade (albanaise) de Tirana ont monté un projet de développement de l'escalade dans ce coin.
Ils ont eu une subvention pour organiser ce projet. Ils vont donc organiser différents stages pour former, équiper, et développer les falaises avec la population locale. Nous sommes invités pour revenir cet automne afin de former, équiper et grimper. Alors c'est parti !

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